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Editorial juillet/Aout 2004

LE CHANGEMENT DANS LA CONTINUITE

Depuis près d’un an déjà un changement de gouvernement était annoncé ! Des dates étaient avancées, des noms de ministrables prononcés.

Reprises et amplifiées par les médias ces ‘’informations’’ ont eu pour conséquence de créer une situation d’instabilité et de manque de visibilité pour l’avenir.

D’aucun n’hésitait-il pas à remettre en cause la confiance portée à son Premier Ministre par Sa Majesté le Roi ?

Celui-ci, dans sa grande sagesse a tranché et a choisi la continuité accompagnée d’une réduction du nombre de portefeuilles ministériels. Ce gage de confiance envers le chef du gouvernement devrait permettre d’avoir bientôt une ligne directrice pour l’avenir enlevant ainsi toutes excuses au monde économique de s’enfermer dans un certain attentisme.

En effet on parle certes de « champions nationaux » mais qui sont-ils et que sont-ils en dehors des grands groupes marocains d’origines ou plus récemment implantés au Maroc ?

Sur quels critères est-on à même de les juger et surtout quels intérêts a-t-on à remettre en avant une distorsion résultant de la provenance du capital ?

A-t-on déjà oublié les méfaits d’une marocanisation dont les buts, louables au départ, n’ont jamais été atteints que pour une frange de la population ?

A-t-on oublié qu’avec la reprise des terres ces décisions ont entraîné une récession, ou tout au moins, un manque d’évolution moderniste de secteurs clefs de l’économie comme le textile, la pêche, le tourisme voir l’agriculture et son corollaire l’agro-alimentaire ?

Le temps est dépassé pour les investisseurs étrangers de venir en conquérants au Maroc sur les seules bases de monopoles et de concessions qui ne pourraient à terme que déboucher sur un rejet comme au crépuscule du protectorat.

Le temps est tout aussi passé pour les groupes marocains de vouloir se refermer sur eux-mêmes dans une autarcie qui n’est plus de mise à l’aube d’un monde concurrentiel où le libéralisme prévaut, ce dernier ne pouvant plus être endigué en raison des accords internationaux sans envisager des dommages collatéraux majeurs.

C’est en effet dans l’union et le travail bien compris et gagnant-gagnant en commun que pourra se relever le seul véritable défit à prendre en compte : créer des emplois et améliorer la situation sociale pour le Maroc d’aujourd’hui et de demain.

Alors seulement entreprises à capitaux marocains ou entreprises à capitaux mixtes ou étrangers, toutes marocaines de faits devant la loi mais surtout marocaines de cœur, pourront se décerner ensemble le titre de « championnes nationales » car elles auront ensemble accomplies leur véritable mission.

Le Président Jean-Claude BOUVEUR